Si jamais le processus de médiation avec le gouvernement échoue, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) demande à ce que Québec imite d’autres provinces canadiennes et utilise un mécanisme d’arbitrage.
Dans une lettre qui sera formellement adressée au ministre du Travail, Jean Boulet, et envoyée à La Presse, la FMOQ demande « d’emboîter le pas aux autres provinces canadiennes et de prévoir le recours à l’arbitrage dans les négociations avec les médecins de famille ».
La proposition a été adoptée à l’unanimité par les 150 délégués de la FMOQ en provenance des 18 associations d’omnipraticiens du Québec, samedi matin, lors d’une réunion tenue à Montréal.
« Sérieusement, tout le monde est tanné de la chicane. Ce n’est pas au bénéfice de la population », a déclaré le Dr Marc-André Amyot, président de la FMOQ, en entrevue.
On salue le processus de médiation, mais si jamais c’est un échec, les médecins ne veulent pas qu’on retombe en guerre.
Dr Marc-André Amyot, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec
Dans la proposition, les médecins recommandent également de « s’inspirer de l’exemple récent du gouvernement de l’Ontario, qui a eu recours à l’arbitrage et a annoncé une entente s’étant conclue par un investissement majeur dans les services à la population ».
La FMOQ appelle également à la « cohérence dans ce gouvernement », puisque le projet de loi 89 adopté en mai dernier a déjà modifié le Code du travail du Québec pour « permettre au ministre du Travail, s’il estime que l’intervention d’un conciliateur ou d’un médiateur s’est avérée infructueuse, de déférer le différend à un arbitre », ce qui n’est pas encore le cas avec les médecins.
Un projet de loi « toxique »
La Fédération ne peut faire de commentaires publiquement sur le contenu de la négociation, mais questionné sur son ressenti, le président avoue se sentir freiné.
« Ça se déroule toujours dans la menace du projet de loi 106 [sur la rémunération des médecins]. Il est toxique et vient vicier le processus. C’est mauvais pour la population. Ça va avoir les effets inverses à ce qu’ils souhaitent : non seulement il n’aidera pas l’accessibilité aux soins, mais il va la détériorer. »
Le Dr Amyot rappelle que les médecins « ont droit à très peu de moyens de pression » et qu’ils ne peuvent pas déclarer de grève. Cependant, il réitère aussi que les médecins de famille refusent d’adopter des moyens de pression qui pourraient avoir des impacts sur leurs patients.
L’entente visant les médecins de famille du Québec est échue depuis avril 2023.
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