
Le 1er janvier 2026 le taux de rémunération du PEL va passer de 1,75 à 2%. Cette hausse survient alors qu’il avait subi une importante baisse l’année dernière. Pour autant, ce produit d’épargne vaut-il le coup?
C’est un produit d’épargne qui était possédé par près d’un Français sur quatre en 2016 (24%). Mais qui depuis a connu une baisse quasi constante de son nombre de détenteurs. Le Plan d’épargne logement (PEL) n’a plus vraiment la côte.
D’après le dernier rapport sur l’épargne réglementée de la Banque de France, 15 millions de PEL étaient détenus il y a 10 ans. Contre seulement 9 millions au 31 décembre 2024, soit 13,3% de la population. Un désamour qui peut s’expliquer par les taux servis par ce produit d’épargne.
Depuis 2022, alors que l’inflation était au plus haut, son taux de rémunération a été successivement de 1%, 2%, 2,25% et seulement 1,75% en 2025. En parallèle, les taux du prêt garanti ont été assez peu intéressants aussi, à part peut-être en 2022 où il était de 2,20%. Depuis, ils ont été de 3,20% en 2023, puis 3,45% en 2024 et 2,95% en 2025.
Pour rappel, un PEL garde les taux d’intérêt et de prêt de son année d’ouverture durant toute sa durée de vie. On épargne dessus pendant une certaine durée, puis au bout de quatre ans minimum on peut débloquer un prêt pour acheter un logement, ou financer des travaux. Problème: si le taux fixé à l’ouverture est plus élevé que les taux actuellement en vigueur, il est relativement peu intéressant.
Un taux de rémunération en hausse à 2% en 2026
Et si la donne changeait à partir de 2026? Ce samedi 20 décembre, les taux du PEL pour la nouvelle année ont été annoncés par un avis publié au Journal officiel. Et bonne nouvelle: dans un contexte de baisse des taux de rémunération de nombreux produits d’épargne réglementée, le sien augmente.
Les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2026 jouiront d’un taux de rémunération de 2% (contre 1,75% cette année). Le taux du prêt, lui, passe de 2,95 à 3,20%.
Pour cette nouvelle année, le PEL retrouve donc exactement les mêmes taux qu’en 2023. Mais dans un contexte tout à fait différent. À l’époque, l’inflation était particulièrement haute (elle s’était établie à +4,9% sur l’année). Le taux moyen des crédits immobiliers était lui-aussi particulièrement haut, estimé à 3,59% par l’Observatoire CSA/Crédit logement.
Aujourd’hui, les taux immobiliers sont plus bas, en moyenne autour de 3,29% pour un prêt sur 20 ans (ce qui reste encore bien plus haut que lors des années Covid, où ils avoisinaient les 1%). Mais surtout, l’inflation a nettement ralenti, et devrait se situer autour de 1% pour l’année 2025.
Un rendement supérieur à l’inflation, mais pas si intéressant
C’est sur ce point que le PEL peut sembler intéressant pour cette nouvelle année. Grâce à ce taux de 2%, supérieur à l’inflation, le rendement réel de ce produit d’épargne sera bien positif. À moins bien sûr que l’inflation ne reparte subitement à la hausse…
Mais pour Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, ce rendement supérieur à l’inflation n’en fait pas pour autant un placement si intéressant. Notamment car le PEL est fiscalisé. Il est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%, composé pour rappel de 12,80% d’impôt sur le revenu et de 17,20% de prélèvements sociaux.
Le rendement net du PEL en 2026 sera donc de 1,4%. Toujours supérieur à l’inflation actuelle, à 0,9%, certes, mais de bien peu. L’intérêt d’un tel placement pour se constituer une épargne est donc limité.
« Si on est dans une logique purement financière, mieux vaut privilégier une assurance-vie, dont les rendements des fonds euros devraient atteindre en moyenne 2,6% en 2025. Et au bout de huit ans, on peut bénéficier de sa fiscalité avantageuse », conseille Philippe Crevel.
Comment évolueront les taux immobiliers d’ici 15 ans?
Mais nous pourrions objecter que le PEL, par essence, n’a pas une visée purement financière. Son principe est, nous l’avons dit, de débloquer un prêt avec un taux intéressant. Lorsque l’on souscrit à un PEL, on fait donc en quelque sorte un pari sur l’avenir: il faut « espérer » que les taux immobiliers en vigueur au moins quatre ans après la souscription soient plus élevés que le taux du prêt garanti.
À l’heure actuelle, les taux immobiliers sont plutôt dans une tendance baissière. Un taux à 3,2% ne sera donc peut-être plus du tout intéressant d’ici quelques années, d’autant que vous ne pourrez débloquer ce prêt qu’à partir de 2030 (le temps des quatre ans de détention minimum).
L’éventualité d’une remontée des taux n’est pas non plus à exclure sur les 15 prochaines années, durée de vie d’un PEL. Certes, cela semble inimaginable car depuis une quinzaine d’années les emprunteurs vivent un âge d’or, avec des taux qui (à part certains mois de 2023), n’ont jamais été au-dessus de 4%. Mais ce serait trop vite oublier que les taux ont atteint 9% au début des années 1990, et même 16% en 1982-1983!
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