
Le 1er-Mai rime avec muguet mais aussi jour férié, chômé et payé ! Et c’est avant tout une journée marquée par les luttes sociales. Son origine remonte au mouvement ouvrier de Chicago de 1886, lorsque des travailleurs américains se mobilisent pour obtenir la journée de travail de 8 heures.
Cette date s’est ensuite imposée comme un symbole international des revendications ouvrières. En France, elle devient dès la fin du XIXe siècle un temps fort de mobilisation sociale. Ce n’est qu’en 1942 que le 1er-Mai devient officiellement un jour chômé, sous le régime de Vichy. En 1948, le 1er mai est définitivement inscrit dans la loi comme jour férié, chômé et payé pour tous les salariés.
Mais derrière cette journée traditionnellement chômée, de nombreux salariés continuent de travailler. La loi autorise en effet certaines activités à fonctionner lorsqu’elles ne peuvent pas être interrompues.
Qui a actuellement le droit de travailler le 1er-Mai ?
Le 1er mai peuvent travailler uniquement les salariés des secteurs indispensables qui ne peuvent pas interrompre leur activité, comme la santé, la sécurité, les transports ou certains commerces essentiels.
Hôpitaux, hôtels ou encore usines dont les machines tournent en continu et ne peuvent pas être arrêtées sous 24 heures entrent dans le champ de cette dérogation. La législation ne cite pas les secteurs concernés.
Une tolérance pour les boulangers et fleuristes ?
Une position ministérielle, confirmée par Martine Aubry en 1986 alors qu’elle était directrice des relations du travail au ministère du Travail, indiquait que certains secteurs qui avaient le droit de déroger pour leurs salariés à la règle du repos dominical, comme la boulangerie, pouvaient aussi les faire travailler le 1er-Mai. Cela a depuis été contredit par la Cour de cassation. Elle a tranché en 2006 contre l’idée d’une dérogation automatique pour le travail le 1er-Mai. Tout employeur qui veut faire travailler ses salariés ce jour-là doit pouvoir prouver qu’il ne peut interrompre son activité.
Les règles sur le travail le 1er-Mai ne concernent que les salariés. Un artisan boulanger ou fleuriste peut ouvrir sa boutique ce jour-là sans faire travailler ses employés.
Que prévoit le gouvernement pour 2027 ?
Le projet de loi annoncé mi-avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et présenté mercredi au Conseil des ministres, prévoit que « dans les conditions fixées par un accord de branche », les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes pourront faire travailler des salariés volontaires le 1er-Mai, avec une rémunération doublée.
L’accord de branche devra notamment préciser les conditions du recueil de l’accord du salarié volontaire et les modalités de prise en compte d’un changement d’avis.
Avant cette annonce, une proposition de loi portée par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, avait été écartée après une vive réaction de rejet des syndicats. Ce texte prévoyait d’ouvrir la possibilité de faire travailler les salariés d’un périmètre beaucoup plus large, incluant les commerces de bouche et les établissements culturels (cinémas, théâtres…).
Pas d’amendes cette année ?
En attendant le futur projet de loi prévu pour 2027, Sébastien Lecornu avait promis mi-avril pour cette année « une instruction » destinée « à l’ensemble des services de l’État » pour que les boulangers et fleuristes indépendants puissent faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat.
Mercredi 30 avril, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a toutefois assuré n’avoir « donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail » pour ne pas sanctionner ces commerçants, mais dit miser sur « l’intelligence collective » pour leur permettre de travailler avec leurs salariés, sous réserve de volontariat.
Combien sont payés les salariés qui doivent travailler le 1er-Mai ?
Pour tous ces salariés, le 1er mai ne ressemble donc pas à une journée de travail ordinaire. La loi prévoit alors cette règle claire : toute heure travaillée ce jour-là doit être rémunérée avec une majoration de 100 %. Autrement dit, la journée est payée au moins double.
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