- Les pharmaciens devraient être massivement en grève ce jeudi 18 septembre.
- Selon les principaux syndicats, neuf officines sur dix vont fermer leurs portes.
- Une équipe de TF1 nous explique les raisons de cette colère.
Si vous avez besoin de médicaments, prenez vos précautions, car la journée de jeudi s’annonce noire (aussi) dans les pharmacies : 85 à 90% des officines devraient faire grève, et même 100% dans certains départements ruraux, selon les principaux syndicats. Un mouvement qui surprend, mais qui semble plutôt bien compris. Même si certains s’inquiètent. « Des enfants malades dans l’urgence, un besoin de médicaments dans l’urgence, ça peut être un peu embêtant »
, souligne une mère de famille dans le reportage du JT de TF1 visible ci-dessus. Il y aura toutefois des pharmacies de garde réquisitionnées pour assurer le service.
La colère des pharmaciens couve en fait depuis le début de l’été. Les syndicats ont déjà mené une série d’actions (fermetures d’officines, grève des gardes…) pour protester contre un arrêté qui plafonne, depuis le 1ᵉʳ septembre, les remises consenties par les laboratoires à 30% maximum du prix du générique, contre 40% actuellement. D’autres baisses successives sont programmées, pour atteindre 20% en 2027.
C’est comme si on vous donne un salaire, et puis on vous dit que pour le même travail, vous allez avoir 50% en moins de votre activité.
C’est comme si on vous donne un salaire, et puis on vous dit que pour le même travail, vous allez avoir 50% en moins de votre activité.
Jorik Berger, pharmacien à Paris.
En clair, prenez un antibiotique à 5 euros. Auparavant, le pharmacien l’achetait au laboratoire 3,33 euros. Depuis le 1ᵉʳ septembre, le pharmacien le paie 3,80 euros. En 2027, il lui en coûtera 4 euros. Les laboratoires gagneront donc plus d’argent, le pharmacien, lui, en perdra. « Notre rémunération globale, en fait, va diminuer. C’est comme si on vous donne un salaire, et puis on vous dit que pour le même travail, vous allez avoir 50% en moins de votre activité »,
explique face à notre caméra Jorik Berger, pharmacien dans le 13ᵉ arrondissement de Paris.
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Une pilule d’autant plus difficile à avaler que les pharmaciens ne sont pas en très bonne santé. « La pharmacie française est dans une grande fragilité. On a une pharmacie qui ferme par jour. L’impact sur une toute petite entreprise qui est l’officine, c’est de l’ordre de 20 à 40.000 euros suivant la taille de l’officine »,
souligne Philippe Besset, président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France. L’arrêté « doit donc être retiré immédiatement ou, à défaut, suspendu le temps de la mise en place d’un plan pour la pharmacie française »,
a rappelé de son côté l’intersyndicale dans un communiqué de presse.
S’ils ne sont pas entendus, ce jeudi 18 septembre, lors de la journée de mobilisation nationale, la profession envisage d’autres actions, chaque samedi, à partir de la fin du mois. En outre, deux recours au Conseil d’état seront déposés par l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo) et la FSPF.
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