Salaire : pourquoi de plus en plus de Français restent bloqués au Smic

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Malgré une ancienneté élevée, certains salariés peuvent rester coincés avec une rémunération égale au Smic. Et ce, dans de nombreux secteurs. Voici pourquoi.

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© Illustration Capital/Adobe Stock

Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français, et encore plus en cette période estivale, propice aux dépenses. Ce que les représentants politiques ont bien compris. Après le Nouveau Front populaire, qui a promis pendant la campagne des législatives de revaloriser immédiatement le Smic à 1 600 euros net par mois (contre 1 398,70 euros aujourd’hui) en cas d’accès au pouvoir, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a lui aussi ouvert la porte à une augmentation du Smic via un coup de pouce de l’Etat.

Avant le séisme politique causé par la dissolution de l’Assemblée nationale, Gabriel Attal, Premier ministre démissionnaire, s’était quant à lui engagé à «désmicardiser» la France en réformant le système actuel d’exonérations de charges patronales. Celles-ci étant essentiellement concentrées sur les plus bas salaires aujourd’hui. Si l’enjeu est si important, c’est aussi parce que de plus en plus de Français sont concernés : d’après les dernières statistiques connues de la Dares, 17,3% des salariés étaient payés au Smic au 1er janvier 2023, contre 14,5% un an plus tôt et 12% en 2021. On compte ainsi 3,1 millions de «smicards» en France, hors Mayotte.

Le Smic très fréquemment revalorisé de manière automatique ces dernières années

Mais pourquoi les salariés rémunérés au Smic sont-ils toujours plus nombreux ? Tout simplement car le salaire minimum interprofessionnel de croissance est indexé sur l’inflation. Plus les prix à la consommation augmentent, plus le montant du Smic croît à son tour. Il s’agit d’une protection prévue par le code du travail, qui peut prendre plus exactement deux formes. D’abord, le Smic est revalorisé le 1er janvier de chaque année en fonction de l’inflation constatée pour les 20% de ménages les plus modestes et de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés (SHBOE). Ensuite, il peut aussi augmenter de manière automatique en cours d’année si le dernier indice connu des prix à la consommation (hors tabac) des 20% de ménages aux plus faibles revenus augmente d’au moins 2% par rapport à celui pris en compte pour la dernière revalorisation du salaire minimum (généralement celui de novembre de l’année précédente).

Depuis 2021, le Smic a ainsi connu quatre revalorisations automatiques en cours d’année (octobre 2021, mai et août 2022, mai 2023), en plus des traditionnelles hausses appliquées tous les 1er janvier. Le salaire minimum légal devrait d’ailleurs profiter d’une nouvelle augmentation mécanique, de plus de 2%, en septembre ou en octobre prochain.

Les salariés bloqués au Smic… de plus en plus longtemps

Le hic, c’est que dans de nombreux secteurs, les bas des grilles salariales sont au même niveau que le Smic… voire en dessous. Soyez rassuré : dans ces branches professionnelles à la traîne, cela ne signifie pas pour autant que les salariés ont une rémunération inférieure au Smic. Vu qu’il s’agit du salaire minimum légal en France, ils ne peuvent pas gagner moins. Mais les secteurs concernés tardent à mettre à jour leurs grilles de rémunérations et celles-ci sont donc rattrapées par le Smic. Les Français se trouvant à un niveau de salaire égal ou inférieur au Smic au sein de l’une de ces branches touchent donc actuellement 1 398,70 euros net par mois s’ils travaillent 35 heures par semaine.

Et bien souvent, ces salariés restent bloqués à ce faible niveau de rémunération pendant de nombreuses années. Car c’est là où le bât blesse : chaque revalorisation du Smic conduit à augmenter, dans les branches en retard, le nombre de minima conventionnels inférieurs au salaire minimum légal, et donc à accroître encore davantage le nombre de salariés coincés au Smic… mais aussi la durée qu’ils passent à ce niveau de rémunération. Dans le cas d’une branche ayant 8 coefficients sous le salaire minimum interprofessionnel de croissance, par exemple, un salarié ne pourra espérer dépasser le Smic qu’une fois qu’il aura franchi, un par un, chacun de ces seuils grâce à son ancienneté, soit entre 8 et 12 ans de carrière de manière générale. «Ce tassement des salaires autour du Smic est grave car cela conduit à annuler la reconnaissance des diplômes et des compétences professionnelles liées à l’expérience», pointe la CGT dans une publication sur les millions de salariés payés au Smic.

Les employeurs ne sont pas non plus incités à augmenter les salariés payés au Smic

Pour vous donner un ordre d’idée, en mai dernier, 12 branches avaient toujours des minima conventionnels inférieurs au Smic. C’est tout de même mieux que fin 2023, période à laquelle 34 secteurs couvrant 2,5 millions de salariés n’étaient toujours pas en règle en matière de bas salaires. Mais la prochaine revalorisation du Smic en septembre ou octobre risque de faire redescendre les bas de grille d’une partie des branches professionnelles en dessous du Smic. A titre d’exemple, la branche des employés et agents de maîtrise des commerces de quincaillerie, fournitures industrielles, fers, métaux et équipement de la maison, dont le dernier texte sur les salaires remonte à janvier 2023, affiche encore quatre niveaux de grilles en dessous du Smic. Le secteur de la distribution directe, qui regroupe les entreprises dont l’activité principale est la distribution de journaux, de documents et d’autres objets publicitaires, a quant à lui encore un niveau de rémunération inférieur au salaire minimum légal.

A cela s’ajoute un autre effet pervers : avec notre système actuel d’exonérations de cotisations patronales, les employeurs n’ont aucun intérêt à augmenter les salariés payés au Smic car une telle action peut leur coûter très cher. Ainsi, pour revaloriser de 100 euros le revenu disponible net d’un employé payé au salaire minimum légal, une entreprise doit en réalité débourser 483 euros, d’après le rapport 2023 du groupe d’experts indépendants sur le Smic, qui reprend des calculs réalisés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Et ce, car pour les patrons, les exonérations de charges sociales sont dégressives : plus on se rapproche du Smic, plus elles sont importantes et plus on s’en éloigne, plus elles se réduisent. Autrement dit, au-delà de verser un salaire moins élevé, maintenir leurs collaborateurs au Smic permet aux employeurs de réaliser des économies en matière de cotisations et contributions sociales. Le nouveau gouvernement, qui sera nommé à la mi-août au plus tôt, aura donc du pain sur la planche pour trouver la ou les solutions permettant d’améliorer le quotidien des «smicards».

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