Après Jacques Chirac en 1974 et 1986, puis Michel Rocard en 1988 et Edith Cresson en 1991, Michel Barnier accède au poste de Premier ministre après avoir été ministre de l’Agriculture du 19 juin 2007 au 23 juin 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il accède à Matignon alors que le libre-échange mondialisé et le changement climatique fragilisent comme jamais le métier vital de nos paysans
Pour la quatrième fois sous la cinquième République un ancien ministre de l’Agriculture vient d’être nommé Premier ministre. Annie Genevard a été nommée ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt dans le gouvernement Barnier, alors qu’elle convoitait le ministère de l’Éducation nationale. Nécessité faisant loi désormais, elle a assisté le 10 octobre à la session matinale des Chambres d’Agriculture à Paris. Président national de cette structure qui rayonne aussi sur les régions et les départements, Sébastien Windsor a évoqué devant la ministre les difficultés qui affectent actuellement tous les secteurs de l’agriculture en ces thermes : « l’élevage est gravement affecté par les crises sanitaires récurrentes, la viticulture et le maraîchage sont fragilisés; en grandes cultures, des rendements et une qualité particulièrement affectés par un excès d’eau. Dans ce contexte, les Chambres d’Agriculture ont constaté une augmentation de 30% des demandes d’accompagnement au sein des cellules « Réagir », preuve de la détresse croissante des agriculteurs »
Le même jour, les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs précisaient que cette année « les moissons affichent moins 26% de rendements en volume par rapport à 2023 et les vendanges s’acheminent vers moins 22% sur un an. Parallèlement, on assiste à une explosion des crises sanitaires qui impactent fortement les élevages, avec des pertes pouvant aller de 10% à 40% du cheptel (…) Pour Jeunes Agriculteurs et la FNSEA, il y a urgence à mettre en place des prêts de trésorerie visant à renforcer le fonds de roulement des exploitations. Le coût de ces prêts doit être partagé par tiers entre l’agriculteur, les banques et l’Etat. Jeunes Agriculteurs et la FNSEA demandent à l’Etat de confirmer son niveau d’intervention sur la prise en charge des garanties et sur les taux des prêts, comme l’a annoncé le premier Ministre Michel Barnier, lors de son déplacement au Sommet de l’élevage, le 4 octobre dernier ».
Des exportations de blé en recul de 39%
Selon FranceAgriMer, les exportations de blé français à partir de la récolte de cet été se limiteront à 10 millions de tonnes, soit 39% de moins que l’année précédente. La concurrence du blé ukrainien vendu dans l’Union européenne sans droits de douane prend des parts de marchés au blé français et limitera les exportations de la France à 6 millions de tonnes dans les pays membres de l’Union européenne. Parallèlement, FranceAgriMer prévoit que les exportations de blé français dans les pays tiers n’atteindront que 4 millions de tonnes, soit un recul de -61% par rapport aux exportations de la récolte de 2023. En Afrique et au Proche Orient les pays importateurs achètent de plus en plus de blé russe. Plus riches en protéines, il est vendu moins cher que le blé français.
Voilà aussi pourquoi la tonne de blé tendre rendue à Rouen pour l’exportation ne cotait que 222 euros le 8 octobre, contre 350 euros en octobre 2022. « Les origines ukrainiennes et russes sont plus compétitives » notait le cabinet Argus Média, selon lequel les prix pourraient évoluer en hausse au cas où des sécheresses prolongées en Ukraine, en Russie, en Argentine et en Australie feraient reculer sensiblement la récolte mondiale de blé en 2025. Si c’est le cas, les spéculateurs spéculeront à hausse dans les salles de cotation alors qu’ils spéculent à la baisse pour le moment. Les consommateurs les plus pauvres seront alors les premières victimes de la spéculation.
Et les importations de viandes continuent d’augmenter
Dans l’élevage, le nombre de vaches laitières et allaitantes a reculé de 730.000 têtes depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. La France fait croître ses importations de viande bovine et exporte parallèlement beaucoup de jeunes bovins pour être engraissés en Italie, en Espagne et au-delà ; ce qui fait décroître la production de viande bovine en France. En viande ovine, notre pays ne produit plus que 45% de la viande consommée par les Français car les distorsions de concurrence et les attaques des loups contre les troupeaux découragent les éleveurs. Alors que notre pays est le premier producteur de céréales en Europe, 46% des poulets consommés en France sont importés, le chiffre s’élève à 17% pour les dindes et à 12% pour les canards. Ces viandes importées sont surtout consommées dans la restauration collective. La filière des fruits et légumes est également très déficitaire, faute d’une rémunération suffisante des producteurs.
Arrachage de vignes et taxe sur les exportations de cognac
À peine nommée ministre, Annie Genevard publiait le 4 octobre un communiqué annonçant en titre que la « Commission européenne donne son feu vert à la France pour la mise en place de l’arrachage définitif des vignes ». Le texte ajoutait que « l’arrachage était demandé par la profession pour répondre aux difficultés les plus critiques rencontrées par un certain nombre d’exploitations viticoles», sans faire état des zones les plus concernées. On apprenait seulement que le dispositif va bénéficier d’une enveloppe de 120 millions d’euros et que le montant d’aide sera de 4.000 euros par hectare. Cela permettra de réduire les superficies de 30.000 hectares, soit environ 4% de la superficie totale du vignoble français.
Cinq jours après cette annonce, on apprenait que la Chine allait taxer à hauteur de 35% du prix de vente, le cognac l‘armagnac importés de France, suite à la mise de en place de droits de douane pouvant atteindre 45% sur les voitures électriques produites en Chine et importées dans l’Europe des 27. Pour mesurer l’importance de cette riposte, il faut savoir que 30% des volumes de cognac vendus par la France dans le monde partent en Chine. Chaque année , ce pays achète aussi quelques 54 millions de bouteilles de vins produits en France et souvent issus des crus du bordelais. Or certaines appellations du bordelais sont concernées cette année par les arrachages, faute de disposer de débouchés suffisants.
Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire du printemps 2022 à la fin de l’été 2024, le centriste Marc Fesneau se contentait d’évoquer à demi-mots les dossiers agricoles sans chercher à les prendre en charge. Il reste à voir ce que fera Anne Genevard désormais.
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