
Une soixantaine d’assistantes familiales ont manifesté devant l’entrée du Conseil Départemental de l’Hérault lundi 13 octobre. Elles demandent l’application de la loi Taquet de 2022 dont l’objectif était d’améliorer la situations des enfants pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Les assistants familiaux se sont rassemblés devant le Conseil Départemental de l’Hérault ce lundi 13 octobre matin. Les familles d’accueil dénoncent une mauvaise application de la loi Taquet par le Département à leur détriment. Cette loi qui date de 2022 avait pour objectif d’améliorer la situation des enfants protégés par l’Aide Sociale à l’Enfance. Le texte prévoit notamment une sécurisation financière des familles qui accueillent les enfants placés. Cette rémunération passe par un SMIC par enfant et une indemnité d’attente entre deux placements d’enfants, pour compenser l’absence d’enfant.Aujourd’hui, le Conseil Département de l’Hérault n’applique pas complètement cette loi et notamment sur le volet de l’indemnité d’attente. Dans l’Hérault, elle n’est payée que s’il n’y a plus d’enfant du tout dans la famille. « C’est invivable ! selon Benjamin Karchen, co secrétaire général de la CGT pour les personnels du Conseil Départemental, comment peut-on bien protéger les enfants en dégradant les conditions de travail des assistants familiaux ? Prenons l’exemple d’une famille avec trois agréments, si deux enfants partent, elle ne recevra qu’un smic pour l’enfant qui reste et s’il n’y a plus d’enfant, elle passe de 3400 euros par mois environ à 800 euros. Quel autre métier accepterait ces conditions ?Selon les assistantes familiales présentes à la manifestation, cette dégradation supplémentaire de leurs conditions de travail explique le manque de familles d’accueil actuel. En 5 ans, elles sont passées de 800 à 600 dans le Département.
Sandra accueille 2 enfants de 6 et 9 ans et elle considère qu’elle ne peut pas bien s’occuper des enfants si elle-même reste dans la précarité, « si nous sommes dans une situation précaire, on ne peut pas s’occuper correctement des enfants et pourtant, le but c’est que les enfants soient à minima considérés comme des enfants lambda. Tout le monde veut faire des économies, mais nous on ne peut pas parler d’économies, on parle d’enfants, on n’est pas en train de travailler avec un ordinateur, une voiture ou une baguette de pain, on travaille avec des enfants. C’est 24 heures sur 24, c’est les nuits, quand ils ont un accident ou quoique ce soit, c’est nous. Aujourd’hui, il faut que notre profession soit reconnue comme une vraie profession médico-sociale« .
