Après les groupes de médecine familiale (GMF), c’est au tour de cliniques de radiologie privées de sonner l’alarme : leur survie est menacée par la loi 2, qui pourrait réduire de 13 % la somme qu’elles reçoivent pour les frais de cabinet, si les cibles de performance de Québec ne sont pas atteintes.
Ce qu’il faut savoir
- Des cliniques privées de radiologie affirment que la loi 2 menace leur survie, car la somme versée pour les frais de cabinet pourrait être réduite de 13 % si les cibles de performance de Québec ne sont pas atteintes.
- Ces cliniques estiment être déjà « sous-financées ».
- L’Association des radiologistes du Québec craint une diminution de l’accès aux services, notamment aux mammographies de dépistage du cancer du sein, si des cliniques ferment.
« De 40 à 50 % des cliniques de radiologie sont à risque de fermeture », affirme le Dr Grégoire Bernèche, président de l’Association des radiologistes du Québec (ARQ) et coactionnaire de plusieurs cliniques.
Il dénonce cette réduction possible de 13 % de la somme offerte pour couvrir les frais de cabinet (équipement, personnel, loyer, etc.), un autre « aspect bâclé » de la loi 2, selon lui.
Au Québec, les quelque 120 cliniques privées d’imagerie médicale réalisent chaque année environ quatre millions d’examens couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (et donc gratuits pour les patients).
Les radiologistes qui pratiquent dans ces cliniques privées reçoivent une rémunération pour la lecture des examens et pour les frais « techniques ». Dans le cas d’une radiographie pulmonaire, le médecin reçoit 30 $, soit 10 $ pour la lecture et 20 $ pour les frais de cabinet, cite à titre d’exemple le Dr Bernèche.
Or, avec sa loi 2, Québec réduit de 13 % non seulement la rémunération de l’acte du radiologiste, mais aussi la somme pour les frais de cabinet. Ces sommes pourront toutefois être récupérées le trimestre suivant, si les cibles de performance édictées par le gouvernement sont atteintes. L’ARQ juge ces cibles inatteignables.
Si c’est le statu quo, je ne sais pas ce qui va arriver avec nos cliniques dans un avenir très rapproché.
Benoit Laplante, directeur général de Radiologix
Depuis sa fondation, en 2008, ce réseau de 20 cliniques d’imagerie médicale n’a pratiquement pas fait de profits, malgré une gestion très serrée, démontre-t-il à La Presse.
Avant même l’adoption sous bâillon de la loi 2, l’équilibre financier des laboratoires d’imagerie médicale était « fragile », dit Benoit Laplante. Radiologix a récemment annoncé la fermeture, le 1er mars 2026, de sa clinique de Rivière-des-Prairies, en raison d’un trop faible volume d’examens.
Selon Benoit Laplante, les cliniques de radiologie sont « sous-financées ». Il explique que le tarif pour les frais techniques est « gelé » depuis 2018 et que l’inflation a été « galopante » au cours des dernières années. Les technologues en imagerie médicale du réseau public ont aussi obtenu des augmentations salariales de 17 % sur cinq ans.
« Il a fallu suivre ça parce qu’on ne pouvait pas se permettre de perdre notre personnel technique », dit-il.
La loi 2 « exacerbe » une situation déjà précaire, selon lui. Au sein de Radiologix, trois ou quatre cliniques sont « vraiment à risque » de fermeture, mais elles bénéficient du soutien d’un réseau, rappelle Benoit Laplante. « On ne prend pas une décision comme ça à la légère. »
Inquiétude dans la capitale
Le réseau Radiologix n’est pas le seul à s’inquiéter de son avenir. La rentabilité de Radiologie de la Capitale, dans la région de Québec, est aussi mise à mal par la loi 2, selon son directeur général et trésorier, le Dr Jacques Lévesque. « Le déficit prévu pour la prochaine année, avec la loi 2, est de 270 000 $ », dit-il.
Il a procédé dernièrement à des compressions, en offrant à trois employés de prendre leur retraite de façon prématurée. D’autres mises à pied pourraient suivre en 2026.
Le Dr Lévesque envisage aussi de cesser de faire des mammographies dans le cadre du programme québécois de dépistage du cancer du sein, en raison de la « lourdeur » administrative associée à celui-ci.
« Du point de vue affaires, c’est une de nos premières cibles, c’est clair », dit-il.
Le Dr Bernèche craint une diminution de l’accès aux services, si rien n’est fait pour maintenir et même bonifier les sommes destinées à couvrir les frais techniques.
« La majorité des échographies et radiographies, et plus de 75 % des mammographies du programme québécois de dépistage, se font maintenant en cabinet », dit-il.
Dans un courriel, le réseau Imagix, qui appartient à Biron Groupe Santé, qualifie la situation de « préoccupante », mais ne souhaite pas faire de commentaires.
Réaction du cabinet de Christian Dubé
Au cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, on nous explique que le cas des cliniques comme Radiologix est l’un des angles mal balisés de la loi 2, qui serait à préciser avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec à la table de négociations.
Le cabinet évoque, entre autres, la possibilité d’un financement distinct pour les équipements coûteux de ces cliniques, qui viendrait en partie compenser une possible diminution des tarifs inhérente à la loi 2. La partie non compensée de la diminution se traduirait par une baisse des revenus des radiologistes, dont la paye vient au sommet de la rémunération des médecins.
Avec la collaboration de Francis Vailles, La Presse
90 à 95 %
Une cible que s’est donnée le gouvernement du Québec : interpréter de 90 à 95 % des examens en imagerie médicale dans un délai de moins de cinq jours dès janvier 2028.
Source : gouvernement du Québec
Beaucoup de réponses sont apportées par cet article proposé par remunerations.fr qui traite du sujet « Rémunérations ». Ce post a été généré de la façon la plus complète qui soit. Vous pouvez écrire en utilisant les coordonnées indiquées sur notre site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Rémunérations ». Le site remunerations.fr a pour objectif de publier différentes publications autour du thème Rémunérations diffusées sur la toile. Sous peu, on rendra accessibles à tout le monde d’autres informations pertinentes sur le sujet « Rémunérations ». Par voie de conséquence, visitez de manière régulière notre blog.
