
Vigneron au nord du Libournais, Stéphane Gabard est le président de l’AOC bordeaux/bordeaux supérieur (rouge, blanc, rosé, clairet, crémant), l’appellation de base du vignoble bordelais et qui totalise à elle seule près de 40 % des volumes totaux produits dans le département. C’est aussi l’une des vastes appellations de France.
À la veille du salon de l’agriculture, pourquoi interpeller les pouvoirs publics au sujet des lois EGalim ?
Parce que le travail n’a pas été fait ! Il faut compléter les lois EGalim existantes pour assurer un avenir aux viticulteurs, de Bordeaux et d’ailleurs. On veut une juste rémunération de notre travail. La crise est profonde. J’entends une petite musique chez certains élus, laissant à penser que la question a été réglée après la forte mobilisation du monde paysan au salon de l’année dernière. Les producteurs sont les grands oubliés et les pouvoirs publics doivent tenir leurs promesses. Je ne voudrais pas que la question cruciale des revenus soit oubliée lors du salon qui s’ouvre.
Où est le point d’achoppement ?
Depuis 2019, trois lois, dites EGalim, sont venues essayer de sécuriser les transactions commerciales, au niveau des différents maillons d’une chaîne allant du producteur au consommateur. Et en faisant que chacun puisse gagner sa vie. Une quatrième mouture de ces textes, qui sont de véritables millefeuilles, est prévue pour juin prochain. Aujourd’hui, les transactions sont sécurisées au niveau de l’aval mais pas de l’amont. Exemple, quand un vigneron, maillon 1, vend à un négociant, maillon 2, rien n’est prévu et un prix peut lui être imposé. On voit des cours indignes sur les marchés du vrac : parfois 700 euros le tonneau (unité théorique de 900 l, NDLR) en AOC bordeaux rouge, soit moins de 80 centimes le litre. Par contre, entre le maillon 2 et le 3, par exemple, une enseigne de la grande distribution, il existe des dispositifs.
Que demandez-vous pour obtenir cette rémunération plus juste ?
Tous les opérateurs ont leurs transactions sécurisées, sauf le viticulteur, le premier maillon. On demande que soient pris en compte nos coûts de production. Des indicateurs fiables existent. En aucune manière on pourrait nous obliger à vendre en dessous. Ils doivent être notre indispensable filet de sécurité. La Commission européenne a pris position sur le sujet : un agriculteur doit vivre de son travail. Des dispositions existent déjà en Espagne et en Belgique. En France, avoir parlé l’année dernière de « prix minimum » pour traiter la question a été contre-productif. Ce n’était pas la bonne approche.
Comment mettre en place les mesures que vous demandez ?
Nous avons des propositions concrètes à faire mais ce n’est pas encore le moment de rentrer dans les points très techniques des dispositifs. L’heure est d’abord à la prise de conscience de la part de nos élus que le problème doit être réglé. Je ne veux plus que nos vignerons aillent dans leurs parcelles le matin en sachant qu’ils ne vont rien gagner de la journée, et pire encore, perdre de l’argent.
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