Société

<!– –> Dans les open spaces, l’heure n’est plus aux grandes remises en question mais aux augmentations. Photo © imageBROKER.com/SIPA
Il y a quelques années, dans le sillage des confinements, beaucoup de travailleurs français semblaient avoir tourné la page du « métro-boulot-dodo ». Temps libre, équilibre de vie, flexibilité : ces notions s’étaient imposées jusque dans les services RH et les unes des magazines, comme un nouvel évangile du travail. C’était l’époque du quiet quitting (« démission silencieuse »), des reconversions en masse et de la grande remise en question. Mais cette période semble désormais révolue.
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Une étude Ifop pour la Fondation Travailler autrement, dévoilée mercredi en partenariat avec Les Échos, vient bousculer ce récit. Aujourd’hui, deux tiers des salariés français (67 %) préfèrent gagner davantage plutôt que de bénéficier d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. En 2022, la tendance était exactement inverse : six actifs sur dix (61 %) plaçaient le temps libre devant le salaire. Le revirement est spectaculaire. Les priorités sont revenues à des niveaux comparables à ceux observés avant la crise de 2008, comme si la parenthèse post-Covid s’était brusquement refermée.
Dans le détail, seuls 16 % des sondés font encore de l’équilibre de vie leur priorité. Les autres accordent davantage d’importance à leur rémunération. Les cadres se distinguent toutefois du reste de la population : 49 % d’entre eux déclarent préférer disposer de plus de temps libre, quitte à gagner moins, contre 39 % en moyenne chez les autres actifs.
Employeurs et salariés ne voient pas la même chose
L’étude met également en lumière un décalage entre les attentes des salariés et les leviers privilégiés par les entreprises pour les fidéliser. Ainsi, 22 % des salariés citent en priorité une augmentation de salaire ou un treizième mois. Les entreprises, de leur côté, misent davantage sur les primes, bonus et autres gratifications (28 %). Deux conceptions de la rémunération qui peinent à se rejoindre.
Le même écart apparaît lorsqu’il est question de rémunération globale. Près de neuf entreprises sur dix (89 %) estiment verser un salaire « juste » à leurs collaborateurs. Seuls 63 % des salariés partagent ce sentiment, soit un décalage de 26 points. Même constat concernant la transparence : 87 % des entreprises jugent leur politique salariale suffisamment claire, contre 62 % des salariés, qui considèrent réellement comprendre la manière dont leur rémunération est déterminée.
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