
Entre évolution de leur rémunération et problème d’organisation au travail, les agents ont fait part de leur ras-le-bol jeudi. Si la ville les a reçus, le conflit pourrait bien s’enliser.
La colère gronde dans les rangs de la police municipale à La Baule (Loire-Atlantique). Dans cette station balnéaire où la sécurité est l’une des priorités du maire LR Franck Louvrier réélu, une dizaine d’agents ont manifesté jeudi devant l’hôtel de ville en présence de syndicats. Un préavis de grève avait été déposé ce même jour par la CFTC-FPT Pays de la Loire, soutenue par le syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM). Deux sujets sont au cœur de leurs revendications : « Les agents souhaitent une meilleure visibilité de leur planning annuel. Là, ils l’ont sur plusieurs mois. Ils la voudraient sur l’ensemble de l’année», indique au Figaro un représentant syndical CFTC-FPT au niveau départemental.
Le second point porte sur l’évolution de leur régime indemnitaire. «Le nouveau système mis en place entraîne une perte de rémunération. La rémunération sur leurs jours fériés et week-end était plus avantageuse. Le nouveau système leur est moins favorable», poursuit ce porte-parole souhaitant conserver l’anonymat. Ce manque à gagner est lié à la suppression de l’indemnisation des jours de sujétions (jours particuliers comme le dimanche). «La délégation a été reçue par le DGS. L’entrevue s’est déroulée de manière conviviale dans une bonne ambiance», précise le syndicaliste.
La réponse de la Ville
Dans un communiqué, le directeur général des services de La Baule Escoublac, Eric Chapays, contextualise la situation. «Si le régime indemnitaire de la filière de la police municipale a été modifié récemment, c’est seulement en application du décret 26 juin 2024 relatif au régime indemnitaire des fonctionnaires relevant des cadres d’emplois de la police municipale, après un moratoire d’un an pour se mettre en conformité et prévenir toute observation des magistrats financiers», souligne-t-il d’abord. «Les services ont souhaité trouver des alternatives à l’application du taux en vigueur des sujétions (qui ne font pas partie du régime indemnitaire), mais aucune solution viable financièrement et légale juridiquement n’a été trouvée pour le moment, la Ville proposant déjà des conditions salariales avantageuses» ajoute le directeur. Joint par téléphone, le DGS assure au Figaro que la ville applique les taux maximaux autorisés pour le régime indemnitaire des agents de Police municipale, permettant de compenser une bonne partie de la perte des indemnisations liées aux sujétions. Concernant la transmission des emplois du temps en avance, «c’est en cours de résolution» assure-t-il.
Pas de quoi convaincre le président du SDPM Cédric Michel. «On annonce la fin de l’indemnisation des jours particuliers de sujétions, de manière brutale et sans compensation», tance-t-il, évoquant la perte de «plusieurs centaines d’euros par mois pour les policiers, et de milliers par an». «Les policiers municipaux de Baule continuent de dénoncer un climat délétère, une gestion hasardeuse, un management et une pression économique insupportables exercés sur les agents», souligne aussi dans un communiqué le premier syndicat national professionnel de la police municipale.
Bientôt un nouvel hôtel de police municipale
L’instance «va saisir très prochainement la juridiction administrative d’un contentieux» concernant le temps de travail à La Baule. «Tant que je n’ai pas les négociations actées par les instances locales approuvant une nouvelle gestion du temps de travail, je vais saisir la justice administrative», détaille Cédric Michel rappelant que le sujet n’est pas nouveau. Un rapport de la médecine du travail d’octobre 2024 mentionnait une souffrance au travail pour les deux tiers des policiers baulois. Pour Cédric Michel qui suit la situation de près, l’affaire n’est pas close. «Nous étudions la question de renouveler l’opération les week-ends du 1er mai et du 8 mai, si ça n’avance pas». La CFCT annonce aussi reconduire la grève.
De son côté, la Ville va recevoir les policiers municipaux au mois de mai un par un pour étudier leur situation. Dans son communiqué, Eric Chapays rappelle que «la municipalité a engagé une politique volontariste de valorisation et d’amélioration des conditions d’exercice de la Police municipale», citant «le triplement des effectifs tandis que 10 postes supplémentaires viennent d’être créés», ou encore la «modernisation du parc automobile», des équipements de dernière génération et enfin la construction d’un grand hôtel de police municipale à proximité du commissariat, dont la première pierre va bientôt être posée. «Contrairement à ce que laissent penser les termes du préavis, la Ville de La Baule-Escoublac nourrit un dialogue social constructif et permanent», termine-t-il.
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