
Les Français ont retiré 740 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposé sur leur Livret A en février, selon les chiffres publiés ce mardi 24 mars par la Caisse des dépôts, l’organisme qui gère la majorité des sommes déposées sur les livrets d’épargne.
Depuis l’automne et la baisse des taux de rémunération des livrets, les Français vident légèrement leurs Livrets A, mois après mois (sauf en décembre), au profit de l’assurance-vie, un peu plus rémunératrice.
Un mouvement « à rebours de la tendance habituelle […] du mois de février qui en général est collecteur », c’est-à-dire avec plus de dépôts que de retraits, a analysé Stéphane Magnan de la Caisse des dépôts, lors d’un point avec des journalistes.
Livret A, valeur refuge en temps de crise
Les épargnants possédaient en février 447 milliards d’euros sur leur Livret A, dont le taux de rémunération a été encore abaissé de 1,7 % à 1,5 % le 1er février. Ils détenaient 165,2 milliards d’euros, autant qu’en janvier, sur le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), dont les conditions sont très similaires au Livret A.
Du côté du Livret d’épargne populaire (LEP), un livret d’épargne réservé aux ménages sous un certain seuil de revenu, les épargnants ont déposé 180 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont retiré, en raison d’un taux de rémunération plus attractif – qui a toutefois lui aussi été raboté de 2,7 % à 2,5 % le 1er février.
La Banque centrale européenne (BCE) a sonné en mars l’alarme sur le risque croissant d’inflation en raison du choc énergétique causé par la guerre au Moyen-Orient. Cette hausse de l’inflation pourrait nuire à la consommation des ménages au profit de l’épargne, et pourrait par ricochet faire augmenter de nouveau les taux de rendements des livrets qui y sont liés.
« Si on regarde l’histoire du Livret A, il a toujours été une valeur refuge dans les périodes de crise » a ainsi commenté Stéphane Magnan. L’Elysée a annoncé début mars que le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts dans lequel sont reversés la majorité des sommes des livrets d’épargne financera à hauteur de 60 % la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, dont le coût est estimé à 72,8 milliards d’euros.
Cela se fera sans menacer le financement du logement social, ont assuré le gouvernement et les bailleurs.
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