
Les enseignants perçoivent en moyenne 3.090 euros nets par mois, selon une étude de la DEPP. Un chiffre contesté par les syndicats, qui dénoncent une moyenne en trompe-l’œil et réclament une revalorisation durable des salaires.
D’après une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), publiée jeudi 20 août 2026, un enseignant perçoit en moyenne 3.090 euros nets par mois. Un chiffre qui a fait bondir les syndicats enseignants, qui estiment que le montant ne reflète pas la réalité des rémunérations perçues sur le terrain.
Le sujet toujours brûlant a été récupéré par les premiers candidats à l’élection présidentielle nombreux à avancer des propositions pour revaloriser la rémunération des enseignants.
3.090 euros, un chiffre en trompe-l’œil
« On ne peut pas dire que la moyenne gagnée par les enseignants, c’est 3090 euros. Pour nous, on serait plus aux alentours de 2400-2500 euros nets par mois« , estime Julie Duhamel, secrétaire national du syndicat SE-Unsa.
Pour les syndicats, ce montant de 3.090 euros nets par mois agrège les rémunérations sans tenir compte de l’ancienneté ni des différents niveaux d’enseignement. Il exclut par ailleurs les enseignants contractuels, qui comptent pourtant parmi les personnels les plus précaires de l’Éducation nationale.
La moyenne doit notamment être mise en perspective avec l’évolution de la pyramide des âges dans la profession. « La population enseignante est vieillissante, il y a plus de collègues en fin de carrière. Il faudrait observer le salaire médian, qui serait plus faible », poursuit-elle. Selon la Cour des comptes, 6% des enseignants avaient plus de 60 ans en 2025. Cette proportion devrait atteindre 16% en 2035.
Un constat également partagé par le Snes-FSU. « Cette étude ne dit pas que nous sommes bien payés mais que les profs vieillissent. On conteste les conclusions hâtives de cette note, dénonce le syndicat. Cela amène à une situation d’un déclassement salarial de nos professions avec un chiffre que nous martelons : aujourd’hui un professeur cadre A de la fonction publique gagne 900 euros de moins qu’un autre cadre A de la fonction publique. »
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Les revendications portées par les syndicats
Une chose est certaine : la rémunération est devenue la préoccupation majeure des personnels de l’Education nationale selon les résultats de la nouvelle édition du baromètre du syndicat UNSA Education. « Derrière ce mot qui arrive en tête, il y a une réalité très simple, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier. Le coût de la vie ne cesse de progresser », explique Julie Duhamel.
« Notre revendication principale c’est de permettre aux personnels de gagner plus sans travailler plus, continue-t-elle. Donc pour cela, il faut revoir l’intégralité des grilles de rémunération pour tous les personnels, en ayant une attention particulière sur les milieux de carrière qui ont clairement été oubliés lors des dernières mesures. »
Selon Jean-Rémi Girard, président du syndicat d’enseignants Snalc, interrogé chez nos confrères de RMC le pouvoir d’achat des enseignants « s’est considérablement dégradé en 30 ans ».
Les revendications ne portent toutefois pas uniquement sur les salaires. Les syndicats réclament également que les enseignants ne soient plus contraints de financer eux-mêmes l’achat de matériel. « Nous exigeons que cela cesse. Les personnels de l’Education nationale ne doivent plus avoir à payer pour travailler », affirme Julie Duhamel.
Les premières promesses des candidats à la présidentielle
En cette rentrée 2026, plusieurs candidats à l’élection présidentielle commencent à dévoiler leurs promesses concernant la rémunération des enseignants. Dans un entretien accordé au Figaro, Édouard Philippe propose d’augmenter de 20% la rémunération des enseignants.
« C’est massif, mais c’est indispensable pour redonner de la dignité à leur métier », plaide le candidat Horizons. Avec près d’1 million d’élèves en moins, nous avons les moyens de continuer à réduire les effectifs dans les classes là où c’est nécessaire et de mieux rémunérer les professeurs sans dégrader les finances publiques« , précise le maire du Havre.
Pour sa part, Gabriel Attal, ancien ministre de l’Education nationale, entend revaloriser à hauteur de 200 euros nets par mois et « jusqu’à 500 euros nets pour les milieux de carrière » tandis que le député européen Raphaël Glucksmann parle d’une augmentation de 10% pour tous les enseignants.
Mais les syndicats ne sont pas dupes de ces promesses égrenées par les candidats. « Chacun y va de ses annonces pour récupérer des voix, surtout après 10 ans de macronisme où il y a une déception réelle des personnels, conclut Julie Duhamel. Depuis des années, il y a eu beaucoup d’annonces, mais rien de concret sur la rémunération. On reste très méfiants sur les intentions supposées des candidats. »
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