
A l’heure de la musique générée par IA, la rémunération des artistes par les plateformes d’écoute inquiète toujours plus. Yaniv Benhamou, spécialiste de droit du numérique, a présenté dans La Matinale ses solutions pour une meilleure redistribution de la valeur accumulée par ces plateformes.
L’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement l’industrie de la musique. Les morceaux générés par lA abondent toujours plus sur les plateformes d’écoute, avec des dizaines de milliers de nouveaux titres mis en ligne chaque jour.
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« C’est une inflation qui augmente d’année en année. Ces morceaux viennent s’ajouter à la surproduction et la saturation des plateformes », résume Yaniv Benhamou, professeur et directeur du Centre de droit du numérique de l’Université de Genève (UNIGE), dans La Matinale de la RTS.
>> L’interview complète de Yaniv Benhamou dans La Matinale :
Valeur interceptée
Cette production massive inquiète le secteur, notamment sur les questions de la propriété intellectuelle et de la rémunération des artistes, et fait craindre pour l’avenir de la création musicale.
Les outils d’IA puisent en effet dans les millions de morceaux disponibles sur internet afin d’entraîner leurs algorithmes, sans rémunération ni autorisation des artistes, et génèrent ensuite de nouveaux morceaux, « souvent gratuits, car rarement protégés par les droits d’auteur », souligne Yaniv Benhamou.
Quant aux plateformes d’écoute, elles « captent toute la valeur et ne la redistribuent pas, ou très peu, aux différents ayants droits, dont les artistes et les internautes », ajoute l’avocat.
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Logique inversée
Afin de pallier ces problèmes d’intégrité et économiques, le spécialiste plaide pour la création de coopératives de données où les internautes et artistes proposeraient leurs données utilisateurs ou leurs œuvres, sur le modèle des sociétés de gestion de droits d’auteur comme la Suisa en Suisse.
« Je considère que toute personne, qu’elle soit internaute ou artiste, devrait pouvoir prétendre à une part de la valeur », affirme le professeur, qui rappelle que les plateformes interceptent une grande part des redevances des artistes et que toutes les interactions des internautes (publications, likes, temps d’écran) sont converties en données monétisées.
Selon Yaniv Benhamou, avec des coopératives de données, la logique actuelle serait inversée: ce sont les internautes et les artistes qui dicteraient leurs règles, et non les plateformes.
Concrètement, ces coopératives seraient chargées de négocier les contrats avec les plateformes de streaming et de collecter les rémunérations. « Elles pourraient s’appuyer sur des contrats types qui fixeraient des conditions d’accès aux données, voire des montants différents de rémunération », avec des seuils, détaille Yaniv Benhamou.
Propos recueillis par Aude Raimondi/iar
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